Lorsque j'ai commencé cette note, je voulais écrire mon traditionnel billet sur le
festival de la BD d'Angoulême (je rappelle qu'on fait genre
on-est-au-début-de-l'année) mais la sélection n'ayant laissé que peu de place aux BD asiatiques et ne se révélant, en outre, pas particulièrement attractive (même décevante, du peu que j'en ai lu), je préfère laisser çà à l'année prochaine... Un peu la flemme aussi d'écrire quelque chose sur un évènement qui s'est passé il y a plus de 2 mois.
Donc, regain de motivation pour une rudimentaire petite note sur un seinen manga, dont la présentation et les premières pages publiées sur le site de l'
éditeur m'avait fournies tous les arguments pour en éviter l'achat...
Je préviens cette note est parsemée d'allusions obscènes et extrêmement péjoratives envers la population masculine nipponne.
Donc², Nés pour cogner c'est l'histoire de Takeshi Yamato, un lycéen d'une quinzaine d'années débarqué de Tokyo pour Osaka... du moins, à côté. Chef émérite d'un gang de rue, Takeshi compte bien profiter de ce changement géographique pour se ranger.
Seul problème : la taille de son pénis.
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Vous avez bien lu.
Celui-ci étant un peu... beaucoup plus élevé que les standards japonais (qui soit, écrit en passant, n'ont pas la réputation d'être particulièrement imposants), la possibilité d'en faire usage pour autre chose que sa subsistance... ou ses
plaisirs solitaires ne s'est jamais présenté (en gros, il est puceau).
Mais quand son secret est inopinément découvert et que ses rêves de lycéens (se résumant à méditer sur son futur dépucelage) se retrouvent réduits à néant, la seule solution qui lui apparaît est de participer au concours local, un espèce de tournoi permettant aux mââââles de la ville de statuer sur qui est le plus fort (qu'est-ce que les mecs peuvent inventer quand ils se font chier). Le vainqueur du concours (de baston évidemment) - le Masuraou qu'il s'appelle - ayant droit à tout un tas de privilèges : réducs dans les supermarchés, restos gratos (récompenses, soit écrit en passant, non négligeables en ces temps de crise) mais surtout le respect des hommes et des femmes de la ville, dont il espère qu'elles se révèleront moins farouches face à la taille de son truc. Mais, comme c'est un seinen aux allures shônenesques, il va y avoir des rivaux, une fille et bien sûr des élans d'amitiés, histoires familiales, enfin tout le tralala.
Bon, c'est sûr que le synopsis ne donne pas hyper envie et les personnages en slip - fundoshi qu'ils appellent ça - encore moins.
En fait, Nés pour cogner, c'est un peu le manga sans intérêt (pour ma part, hein) qui se révèle bien plus plaisant que ce qu'il laissait paraître (une (très) bonne surprise, en somme), d'autant plus quand on ne fait pas parti du public initialement visé.
Et pourtant, ce n'est pas comme ci on évitait certains clichés : le héros idéaliste et un brin naïf, les anciens ennemis lui jurant allégeance une fois battus et le fait qu'ils soient physiquement super balèzes pour de simples lycéens (japonais, par-dessus le marché), rien a priori qui se démarque du manga de baston lambda.
Sauf que le traitement du complexe du héros est bonnement hilarant, certes, pas hyper fin mais hilarant quand même ; et l'auteur parodiant les storylines mélodramatiques caractéristiques du genre avec plus ou moins de brio, le résultat en est... hilarant (non, si je me répète, ce n'est pas parce que je n'ai pas trouvé d'autre mot).
Après, l'histoire du gros engin (allez, on se lâche : bite, zguegue, verge) n'est qu'un prétexte assez grossier pour tout un tas de combats à l'intérêt relatif (faut aimer les mangas de baston, quoi) mais comme c'est fait avec humour, le manga s'avère un peu plus original que ses acolytes de comptoir.
Dommage néanmoins que la série prenne une tournure plus classique dans ses derniers tomes et que certaines "bizarreries" du héros n'aient pas été plus développées.
Le manga aurait-il subi les affres de la popularité et contraint l'auteur à conclure son histoire dans les plus brefs délais ? Manque d'inspiration ? Désir d'y revenir plus tard... Ou plus simplement l'exemple manifeste des lacunes des auteurs de mangasse au moment de conclure ? Quoiqu'il en soit, j'espère qu'il laisse présager au moins un one shot (enfin, j'y crois pas trop non plus).
Et puis seinen de baston oblige (élans pseudo-féministes de votre bloggeuse aussi), à part un personnage (et encore), les femmes ne sont pas caractérisées par leur grande intelligence, des faire-valoir en somme juste bonnes à geindre ou s'extasier (un peu comme dans une
pub Axe). Parti pris néanmoins assez justifiable dans un manga pour mââââle ; après tout au lieu de réfléchir un minimum, ils préfèrent se taper dessus.
Gardons ainsi à l'esprit, qu'encore une fois la seule raison qui, selon moi, pousse les mangakas à créer des personnages aux membres hypertrophiés et/ou affubler leurs héros de gadgets surdimensionnés (l'allusion phallique est on ne peut plus explicite dans
Berserk), c'est avant tout pour compenser, ou dans le cas de ce manga, se rassurer (susciter un "finalement, je suis pas si mal lotis" a toujours été une valeur sûre)... Tous les sous-entendus sont ici purement appropriés, bien sûr.
Parce que si on ramène l'histoire à des préoccupations plus prosaïques, il y a tout un tas de solutions tellement plus rationnelles pour régler son problème.
Car, en tenant compte du fait que d'un point de vue japonais, un gros engin est une notion très relative, on peut très bien lui conseiller de s'exiler dans un pays où la populace n'a pas la réputation d'être taillée comme une crevette (affirmation péjorative (pas taper !) dont les sous-entendus sont encore une fois purement appropriés) dans lequel ses mensurations ne seraient pas perçus comme gargantuesques.
Soit, faire une quête pour une opération ; vu la réputation qu'il se tape, il y a bien quelques personnes qui cotiseront (une petite page fessebook et le tour est joué).
Ou dans le cas où ça le dérangerait trop dans le bas, envisager d'aller voir des femmes dont... Donner de l'amour est le métier (certaines doivent bien avoir le vagin assez ravagé pour ça)... Oui, bon, ce n'est peut être pas la méthode la plus noble mais quand tous ses potes se feront dépuceler, on verra si Yamato est toujours aussi idéaliste.
Dans tous les cas, ça ferait un bon sujet de manga, non ?
Elle vire vraiment au n'importe quoi cette note.
Bref, pour terminer ce billet en j'aime/j'aime pas, évoquons un problème d'importance : la traduction/adaptation sur le tome 1 notamment (comme je ne suis pas au fait de toutes les étapes d'édition d'un manga, je ne sais jamais laquelle doit être incriminée).
Je l'avais déjà écrit
dans cette note mais le "SODETSURIKOMIGOSHI" enchaîné par un "KATAGURUMA" (et encore ça, ça va) qui même avec une note un peu plus détaillée sur la page en question n'apporte en soi pas grand-chose à l'histoire ; de même pour les définitions obscures type ''kohai'' simplifiée à l'antonyme de sempai, difficilement compréhensible quand on ne connait pas le sens de ce dernier.
Mais bon, tout n'est pas noir et le travail d'
Akata, notamment sur les couvertures, reste largement louable. Dommage que la qualité des jaquettes ne permet d'en apprécier que modérement le travail (foutez ce manga sans protection toute une journée dans votre sac et vous comprendrez ce que je veux dire).
Bref², étant donné que j'ai écrit tout ce que j'avais à écrire sur ce manga (pas grand chose, en fait), il est temps de conclure...
Pour résumer, Nés pour cogner est une série en 7 tomes, pas trop trop chère (7,95€), terminée et plus important, vachement bien, quoiqu'un peu moins sur la fin.
À lire, acheter, recommander, tout ça.