Est-ce que vous n'avez jamais eu entre les mains un titre, album ou bouquin que vous étiez sûrs d'aimer, dont tout le monde vous assuraient que vous alliez adorer et que
finalement, malgré vos relectures, vos réécoutes et... votre envie d'aimer, ça ne passe vraiment pas ?
Eh bien, c'est exactement de cette façon que je pourrais
définir l'impression que m'a laissée Detroit Metal City... Et quoi de plus probant qu'une "petite" note pour en expliquer les raisons...
Commençons, d'une part, par une présentation du sujet :
Imaginez un groupe de death metal. Appelons-le... Detroit Metal City, ajoutez-y quelques musiciens, donnez-leur des noms - Jagi, Krauser et Camus - tels qu'ils n'oseront jamais les porter hors concerts, travestissez-les en monstres de foire, inventez un slogan pas trop compliqué et complétez le tout par des fans aptes à le hurler à tout moment. Imaginez encore que ce fameux metal band arrive à se faire une réputation telle qu'il devient un des groupes les plus populaires de la scène indépendante japonaise.
Mais quelle serait la réaction des fans quand une fois le masque tombé, ils s'apercevaient que le mythique "chanteur" (façon de parler, c'est du death quand même) dont ils scandent le nom n'est qu'un ringard de 23 ans, pas fan de metal pour un sou et préférant de loin la douceur et - il faut bien l'avouer - la mièvrerie de la pop suédoise ? Detroit Metal City pose donc ses bases sur ce postulat et raconte l'histoire... du moins les mésaventures de ce looser - Negishi qu'il s'appelle - jeune homme à la double personnalité qui a rejoint, pour on-ne-sait-quelle(s)-raison(s), les rangs crapuleux du groupe du même nom... Et ce ne semble pas être la référence au Detroit Rock City de Kiss qui semble l'y avoir amené...
Imaginez un groupe de death metal. Appelons-le... Detroit Metal City, ajoutez-y quelques musiciens, donnez-leur des noms - Jagi, Krauser et Camus - tels qu'ils n'oseront jamais les porter hors concerts, travestissez-les en monstres de foire, inventez un slogan pas trop compliqué et complétez le tout par des fans aptes à le hurler à tout moment. Imaginez encore que ce fameux metal band arrive à se faire une réputation telle qu'il devient un des groupes les plus populaires de la scène indépendante japonaise.
Mais quelle serait la réaction des fans quand une fois le masque tombé, ils s'apercevaient que le mythique "chanteur" (façon de parler, c'est du death quand même) dont ils scandent le nom n'est qu'un ringard de 23 ans, pas fan de metal pour un sou et préférant de loin la douceur et - il faut bien l'avouer - la mièvrerie de la pop suédoise ? Detroit Metal City pose donc ses bases sur ce postulat et raconte l'histoire... du moins les mésaventures de ce looser - Negishi qu'il s'appelle - jeune homme à la double personnalité qui a rejoint, pour on-ne-sait-quelle(s)-raison(s), les rangs crapuleux du groupe du même nom... Et ce ne semble pas être la référence au Detroit Rock City de Kiss qui semble l'y avoir amené...
Développons (un peu)...
En débutant par les points qui font de DMC un manga aux qualités telles que l'élan de bonne critiques qu'il génère semble pleinement justifié...
À commencer par sa galerie de personnages, à savoir : un héros ringard, une jolie-potentielle-future-petite amie (même si le dessin ne le laisse pas deviner), une manager détraquée, les membres de DMC (un batteur obsédé et un bassiste en mal de reconnaissance)... et les autres : amis d'enfance, groupes rivaux, fans surexcités, selon les cas, victimes ou bourreaux à leurs heures perdues. Alors c'est sur que certaines de leurs réactions peuvent parfois paraître caricaturales voire, pour ma part, assez agaçantes mais il n'en reste pas moins que le panel de personnages proposé par l'auteur s'avère plutôt décalé.
En débutant par les points qui font de DMC un manga aux qualités telles que l'élan de bonne critiques qu'il génère semble pleinement justifié...
À commencer par sa galerie de personnages, à savoir : un héros ringard, une jolie-potentielle-future-petite amie (même si le dessin ne le laisse pas deviner), une manager détraquée, les membres de DMC (un batteur obsédé et un bassiste en mal de reconnaissance)... et les autres : amis d'enfance, groupes rivaux, fans surexcités, selon les cas, victimes ou bourreaux à leurs heures perdues. Alors c'est sur que certaines de leurs réactions peuvent parfois paraître caricaturales voire, pour ma part, assez agaçantes mais il n'en reste pas moins que le panel de personnages proposé par l'auteur s'avère plutôt décalé.
Deuxième point : la
musique. Ici, pas de discours sur le pourquoi du comment le death metal
reflète l'âme et la noirceur de son compositeur ou (sujet plus vendeur)
l'enfance malheureuse, DMC et surtout Krauser ne s'embarrassent pas de
simagrées : Sauter tout ce qui bouge, Régner sur l'univers et Trucider
ceux qui s'opposent à eux semblent être leurs desseins les plus
louables. Et ils sont prêts, pour cela, à tout défoncer (sous-entendus
ici purement appropriés), ainsi que ce soit dans la gore attitude des
groupes de death metal, la pop mielleuse suédoise, le punk rock ou le
gangsta rap, Kiminori Wakasugi offre une parodie assez juste (mais pas
forcément drôle) du milieu musical occidental. D'autant que ce n'est
pas à la portée de tout le monde de se moquer d'un genre sans s'attirer
les foudres de leurs auditeurs...
DMC semble, en outre, laisser des perspectives de créations assez illimitées. Il est, en effet, difficile de ne pas remarquer les points sur lesquels le mangaka reste volontairement évasif (ce pourquoi le héros est entré dans le groupe, par exemple)... Et en deux tomes, le manga ne bénéficie pas du moindre éclaircissement. L'auteur ne semble cependant pas à cours d'idées et on se prend à imaginer - soyons fous - un chapitre sur la délicate-potentielle-future-petite amie en fan de DMC, le futur dépucelage du héros par la manager complètement bourrée... Enfin, vu l'improbabilité des scénarios qui façonnent le manga, tout est franchement possible.
DMC semble, en outre, laisser des perspectives de créations assez illimitées. Il est, en effet, difficile de ne pas remarquer les points sur lesquels le mangaka reste volontairement évasif (ce pourquoi le héros est entré dans le groupe, par exemple)... Et en deux tomes, le manga ne bénéficie pas du moindre éclaircissement. L'auteur ne semble cependant pas à cours d'idées et on se prend à imaginer - soyons fous - un chapitre sur la délicate-potentielle-future-petite amie en fan de DMC, le futur dépucelage du héros par la manager complètement bourrée... Enfin, vu l'improbabilité des scénarios qui façonnent le manga, tout est franchement possible.
Donc, Oui, DMC est un manga atypique mais dont on ne peut faire abstraction de quelques points pas vraiment à son avantage...
Et quoi de plus explicite que le style
graphique... atypique, dirons-nous. Les défauts sont, en effet, assez
nombreux : un dessin pas suffisamment incisif en total décalage avec
une narration explosive, des visages minimalistes et peu expressifs. Bref, un évident manque de dynamisme qui se traduit ici par un dessin
pas forcément (très) très moche mais qu'on peut difficilement avancer comme point fort.
Et puis, il y a aussi des défauts qui ont pris une importance telle qu'ils
occultent quelque peu le côté nawak de l'œuvre...
Parcequ'à bien y regarder, le schéma narratif est quand même assez répétitif. Pour résumer, on a :
Parcequ'à bien y regarder, le schéma narratif est quand même assez répétitif. Pour résumer, on a :
- Concert de Detroit Metal City : fans surexcités, "Go to DMC !!" et tout le tralala,
- Negishi démaquillé se demandant ce qu'il fout là,
- Tout un tas de péripéties s'achevant quelque soit la vraisemblance de la situation par l'irrévérencieuse intervention de Negishi en Krauser.
Mais il y a pire et c'est bien le plus agaçant : l'humour facile, machiste et extrêmement gras (à la limite du mauvais goût) qui rappellera sur certains points l'excellent GTO
(en beaucoup moins bien) et surtout l'absence d'un réel fil conducteur.
Car contrairement à son prédécesseur, on a là un manga purement
humoristique et DMC n'est, de ce fait, qu'un enchaînement de gags
improbables visant plus ou moins laborieusement à faire (sou)rire le
lecteur...
En définitive : malgré quelques (rares) passages hilarants et un statut de série déjantée ici pleinement justifié (certains mangas ne peuvent en dire autant), DMC reste (restera ?) une œuvre qui n'ira, pour ma part, pas plus loin qu'un simple "ça se lit".
À essayer tout de même... Qui sait, ça pourrait vous plaire.
...
...
...
Mon argumentation terminée, passons aux choses que l'auteur n'a certainement pas pensé (et honnêtement il n'en a probablement rien à foutre), un peu (trop) sérieuses pour rentrer en ligne de compte. Je précise, ceci écrit, que ce qui va suivre n'est peut être qu'un ramassis de conneries...
Bref. Des années passées à lire et écouter la presse musicale française (discussions lycéennes incluses) m'ayant appris qu'il n'y avait pas plus lourd qu'un metalleux qu'on attaque sur "l'argent et le death-black-speed-power-heavy-trash-neo metal industriel-alternatif-progressif-gothique-symphonique", cet engouement pour le groupe me fait inévitablement penser à la cohue d'auditeurs qui disserteront sur le pourquoi du comment DMC est ou n'est pas un groupe "commercial" (méchants qui vendent des disques) depuis que leur nombre d'auditeurs a dépassé le chiffre 6.
Car en passant outre les groupes de black metal auxquels leur image s'apparente, DMC ne semble pas vraiment se différencier par son originalité. Qu'on regarde de près ou de (très) loin, ça reste quand même un condensé assez banal de la plupart des groupes de metal un peu trash de la scène occidental et on pourrait apparenter Krauser à un Ozzy Osbourne complètement bourrée. Je ne vois donc pas trop ce qui pourra les faire "entrer dans la légende" (hormis peut être la crédulité des fans sur les pouvoirs de Krauser).
En définitive : malgré quelques (rares) passages hilarants et un statut de série déjantée ici pleinement justifié (certains mangas ne peuvent en dire autant), DMC reste (restera ?) une œuvre qui n'ira, pour ma part, pas plus loin qu'un simple "ça se lit".
À essayer tout de même... Qui sait, ça pourrait vous plaire.
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Mon argumentation terminée, passons aux choses que l'auteur n'a certainement pas pensé (et honnêtement il n'en a probablement rien à foutre), un peu (trop) sérieuses pour rentrer en ligne de compte. Je précise, ceci écrit, que ce qui va suivre n'est peut être qu'un ramassis de conneries...
Bref. Des années passées à lire et écouter la presse musicale française (discussions lycéennes incluses) m'ayant appris qu'il n'y avait pas plus lourd qu'un metalleux qu'on attaque sur "l'argent et le death-black-speed-power-heavy-trash-neo metal industriel-alternatif-progressif-gothique-symphonique", cet engouement pour le groupe me fait inévitablement penser à la cohue d'auditeurs qui disserteront sur le pourquoi du comment DMC est ou n'est pas un groupe "commercial" (méchants qui vendent des disques) depuis que leur nombre d'auditeurs a dépassé le chiffre 6.
Car en passant outre les groupes de black metal auxquels leur image s'apparente, DMC ne semble pas vraiment se différencier par son originalité. Qu'on regarde de près ou de (très) loin, ça reste quand même un condensé assez banal de la plupart des groupes de metal un peu trash de la scène occidental et on pourrait apparenter Krauser à un Ozzy Osbourne complètement bourrée. Je ne vois donc pas trop ce qui pourra les faire "entrer dans la légende" (hormis peut être la crédulité des fans sur les pouvoirs de Krauser).
Sachant que dans un registre plus accessible (et adolescent), ça fait un petit moment que Pompe-à-fric Manson et Slipknot ont repris le flambeau, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la nouveauté apportée par leur musique et, sur la longueur, leur légitimité sur la scène metalleuse...
Oui, c'est ça quand on s'ennuie en lisant un manga, on pense (vraiment) à n'importe quoi.






