Pour rappel, aux nombreuses personnes (il semble) n'ayant pas
lu cet excellent manhwa...
Un résumé version "moi"...
Palais, Goong en version coréenne se déroule à une époque où la
Corée, demeurant au statut de monarchie, n'a jamais connu les affres d'un
régime républicain.
C'est là que vit Chae, une jeune lycéenne un tantinet
fantasque, dans un établissement qui, ayant
l'immense honneur de compter parmi ses élèves le Prince William
national
Shin qui, comme l'autre en Angleterre, a tout une horde de folles
furieuses prêtes à tout pour un bout de son slip, l'est lui un peu
moins. Ils n'ont a priori rien en commun si ce n'est que leurs grands
pères respectifs (le roi de Corée et un simple roturier), à défaut de
pouvoir imposer leurs présences dans le monde éternellement, ont tout
simplement décidé d'en faire baver à leurs petits enfants en
choisissant de sceller leur amitié par la promesse du mariage de leur
progéniture... D'autres s'offriraient une beuverie mémorable,
s'exécuteraient à tester toutes les choses qu'ils n'ont jamais pu
accomplir mais le roi au lieu d'un "tiens, je te donne de l'argent,
élève tes enfants", a préféré convenir d'un échange de bagues (dans le
contexte, ça aurait aussi pu être "tiens je te donne cette bague,
revends-la et élève tes enfants").
Voilà donc Chae qui, 17 ans plus tard apprend la nouvelle et se voit contrainte d'épouser un prince
qu'elle déteste (rassurons-nous le sentiment est plus que partagé) avec la
promesse de celui-ci qu'ils divorceront à leur majorité.
Un résumé version "les autres"... Un mix entre Dailymanga et Suba Furuba si vous voulez savoir :
Imaginez que la monarchie en Corée n'est pas abolie, et que le
peuple vit au rythme du couple royal, les filles adulant le jeune prince et
rêvant d'un mariage princier.
Imaginez encore un conte de fée : deux
meilleurs amis sur le point d'être séparés décident, pour marquer leur amitié,
de fiancer leurs futurs petits-enfants. L'un est roi de Corée, l'autre simple
roturier. Et pour sceller cette promesse, chacun repart avec une bague. 17 ans
passent et vient l'heure de ressortir les bagues et de tenir la promesse. Les
deux enfants sont présentés, et comme dans tous les contes de fée, ils se
marièrent et eurent beaucoup d'enfants... non pas vraiment.
C'est pourtant exactement ce qui va arriver à l'une d'entre elles, Chae, forcée de se marier à
17 ans. Le prince a le choix entre choisir sa fiancée ou prendre celle qu'on lui
donnera. Au départ plutôt réticent, c'est en voyant la photo de sa "promise"
qu'il accepte le mariage.
Il faut dire qu'il la connaît bien, c'est celle
qu'il avait rencontré quelques jours plus tôt dans des circonstances orageuses
et le fait de l'imaginer entrer dans la famille royale le fait tellement rire
qu'il n'a pas su dire non.
Mais pour notre héroïne c'est le désastre, non
seulement elle le hait, mais en plus elle n'a aucune envie de s'enfermer dans un
château, ni d'apprendre l'étiquette loin de sa famille.
Mais elle n'a pas le
choix... sa famille n'est pas riche, elle doit tenir la promesse qu'a fait son
grand-père au roi et devenir la future reine de Corée.
Goong est un manhwa
qui nous permet de suivre une Chae par moment assez déjantée, entourée d'un
époux à tendance psychopathe (qui ne l'a épousé que dans l'espoir que sa
gaucherie fasse honte aux adultes de la famille royale) et de son cousin, qui
lui fait des avances, aux milieux d'intrigues royales, et de situations
comiques, avec comme seul espoir la promesse de Shin (le prince) qu'ils
divorceront dès qu'ils seront majeurs.
Résumons :
- Un début peu conventionnel bousculant tous les codes shôjoesques (vous connaissez beaucoup de shôjo/sunjung où le but ultime du couple principal est de divorcer ?), un développement qui l'est un peu moins mais faisant tout de même preuve d'une grande originalité,
- une héroïne drôle et attachante, qui a un cerveau... et l'utilise (si on veut poursuivre dans les clichés),
- de l'humour, aussi bien dans le manhwa que chez l'auteur (les SD comme les free talks sont à mourir de rire),
- un univers riche : entre l'apprentissage de l'étiquette, la famille royale et les mœurs coréennes, on est relativement bien servi en matière de dépaysement... de vocabulaire aussi,
- des contradictions intéressantes : la société contemporaine associée au traditionalisme de la vie de palais, la jeunesse et son manque de maturité à celles des responsabilités envers la Nation (la couverture du tome 5 est on ne peut plus explicite, non ?),
- une intrigue qui tient la route : machinations, complots, la famille royale possède un lot de secrets à faire frémir les journaux pipoles et ne semble bien évidemment pas prête à les révéler,
- et des dessins qui amèneraient toute personne qui se respecte au bord de la crise cardiaque... moi en tout cas.
Bref, que ce soit dans la trame ou le développement, Goong se démarque assurément de la masse... Et pourtant, affublé à tort d'une réputation de "sous-manga", d'un prix repoussant (presque 10€) et d'une édition qui sans être catastrophique aurait pu être meilleure, le titre qui fait les beaux jours des teams de scans anglaises n'a pas réussi à "trouver son public" (phrase typique d'éditeur quand une de leurs séries s'est ramassée), pour être finalement stoppé avec les autres manhwas de sa collection.



Un, deux, trois p'tits tours et puis s'en vont !
Donc :
Soit, vous êtes bilingues et vous vous en foutez de Soleil et
tout le reste puisque vous pouvez compter sur les tomes en version original (ma
haine vous est acquise).
Soit - nous y voilà - vous remerciez la team D... et le très exhaustif site To Goong de scantrader
la série là où l'avait laissé Soleil. Je sais, c'est illégal (ok, vu le contenu
de mon blog, on ne peut dire que ce soit vraiment un problème), mais Palais en
tant que manhwa stoppé en cours de route fait pour l'instant figure de cas
désespéré.
Soit, à défaut de la version papier, vous avez un bon anglais, une certaine prédilection pour les séries asiatiques (et beaucoup d'argent à dépenser), vous décidez de vous procurer le coffret de la première saison du drama paru aux États Unis.
Soit, comme moi, vous avez des tendances masochistes
et préférez vous torturer l'esprit en fuyant les scans comme la peste
dans l'espoir qu'un éditeur veuille enfin reprendre le titre... Et puis
après avoir attendu 6 mois l'hypothétique sortie d'un quatrième tome,
1-2... 3-4 ans de plus, peut être pas toute l'éternité hein, aide à
relativiser.
Dans tous les cas,
toutes les actions seront bonnes (publicité, mails, menaces,
harcèlement !) pour assurer à l'éditeur qui veut s'y coller que le
public sera cette fois au rendez-vous... Il le sera, n'est-ce pas ?!






