Chose promise, chose faite, petit HS dans ce blog habituellement consacré au
manga et au monde qui l'entoure... pour parler d'un film, visionné il y a de
cela quelques années sur ARTE, The Dream Catcher. Non ce n'est pas
l'adaptation du best seller de Stephen King mais un film indépendant
américain... si certains sont comme moi allergiques aux grosses
superproductions en provenance du pays de l'oncle Sam (remarque ça
correspond tout de même à 50% de ce que je regarde, essentiellement
Tim Burton & Kubrick ^^), et aime des films comme Dancer In The Dark (je ne le
cite pas parce que c'est un de mes films préférés...
sérieux ?! ), ce road movie est pour vous.
Oui un road movie, terme qui a tendance à faire fuir, du fait de la
médiocrité des films basés sur ce thème (si on peut
appeler ça un thème) sortis ces dernières années...
Mais tout d'abord, petite présentation de cet excellent film :
Réalisé par Edward A. Radtke
Scénarisé par Edward A. Radtke & M.S. Nieson
Durée : 1h 33min
Année de production : 1999
Sortie française le 30 Mai 2001
Première diffusion : ARTE, le Mercredi 11 Juin
2003
Acteurs principaux :
A gauche, Paddy Connor dans le rôle de Albert, un adolescent enjoué et
sur de lui, ayant une grande facilité à communiquer... et à se
faire aimer. A droite, Maurice Compte dans le rôle de Freddy, un jeune homme,
taciturne et peu bavard. Deux caractères opposés pourtant
amenés à faire un bout de chemin ensemble.
Prix reçus (parce qu'il en a reçu ?!) :
Prix de la Presse (Festival du Film de Paris 2000),
Maverick Award du meilleur
long-métrage (Woodstock Film Festival 2000)
Prix de la Jeunesse (Locarno 1999)
Prix du festival du Film Indépendant (Los Angeles 1999)
Pour plus d'information, je vous renvoie au descriptif/critique très complet
made in
Allociné.
Et l'histoire :
Un road movie dans l'Amérique, d'aujourd'hui, deux jeunes mâles
à la recherche de leur parent respectif, entre rires, larmes, on y
découvre leurs histoires...
Voilà, voilà, c'est un peu désordonné par rapport
à d'habitude mais malgré les multiples prix reçus, ce film est
passé complètement inaperçu lors de sa sortie (vous me direz
normal, c'est un film indé). Mais il vaut vraiment le coup,
interprété à la perfection par deux acteurs en devenir...
Un tout petit mot :
Qu'écrire... ça m'apprendra à me lancer sans trop
réfléchir à ce que je vais écrire *Moi... Conne et
inconsciente mais pas du tout voyons ?!, je vais essayer de ne pas utiliser
d'adjectifs trop élogieux... Pas sublime, pas magnifique, pas chez d'oeuvre (là c'est peut être un peu exagéré)... Mais ça faisait longtemps que je n'avais
pas autant pleuré devant un film, j'ai toujours pensé avoir
touché le fond après Dancer In The Dark et le Tombeau des Lucioles.
Je ne vais pas non plus essayer de développer (je suis tellement mauvaise
que je finirais par tout spoiler... non, j'ai pas la flemme),
d'autant que ce n'est pas vraiment un film d'action. A déconseiller aux
amateurs du genre donc.
On y découvre des personnages authentiques et
attachants, une autre vision de l'Amérique, celle que le système a
laissé tomber, des humains qui comme nous tous cherchent leurs
repères, leurs racines qui les aidera à avancer et à aller de
l'avant.
C'est assez court (pour une fois)... Je sais que je ne suis pas vraiment
douée pour donner envie d'acheter une oeuvre, surtout à ce prix, mais
si vous en avez plus qu'assez des blockbusters américains, j'espère
que ce billet tout pourri vous donnera quand même envie d'en savoir plus.
Au pire, guettez sa prochaine diffusion sur
ARTE
.
Quelques critiques bien choisies (les seules que j'ai trouvé en fait)
:
"Selon les amérindiens, le dream catcher (attrapeur de rêves) devait
être tissé comme une toile d'araignée. Si le rêve
était bon, il passait par le trou de la toile, s'il était mauvais, il
devenait prisonnier de la toile. Le rêve d'Ed Radtke, réalisateur de
ce road-movie, de faire un bon film est réussi. Maurice Compte (Freddy) et
Paddy Connor (Albert) crèvent l'écran."
Ce modeste « road movie » renouvelle l'esprit d'indépendance et
d'aventure « made in USA » . Découvert en Europe lors du
Festival de Locarno en 1999, le deuxième long métrage d'Ed Radtke est
un film qui nous réconcilie avec le cinéma indépendant
américain. The Dreamcatcher possède la fraîcheur, l'innocence,
le charme des premières fois.
Extrait de la critique de Jacques Mandelbaum, publié le 30 Mai 2001.
Le Monde
Ce qu'il faut savoir :
Qu'est que l'attrape rêves ?
Une mère Sioux, inquiète du mauvais sommeil de son enfant, alla
demander conseil à une ancienne du village
La femme lui dit : "Fais un cercle sans fin à l'aide d'une branche de bois.
Tisse une toile à l'intérieur, elle fera office de piège aux
mauvais rêves. Suspends le tout au-dessus de son lit. D'ici quelques jours,
ton enfant retrouvera sa tranquillité". La femme retourna chez elle et se
mit au travail. Soucieuse de son petit, elle enjoliva l'objet d'une pierre au
centre et de quelques plumes
Convaincus que les anciens communiquaient avec eux par l'intermédiaire des
rêves, les Amérindiens perpétuèrent la tradition. Chaque
fois qu'un enfant naissait, on lui offrait un attrape-rêve. Pendant son
repos, le savoir de la tribu lui était transmis.
Selon la légende de l'attrape-rêve, les mauvais rêves sont
brûlés par la première lueur du matin, alors que les bons se
réfugient dans la pierre claire du milieu. Le soir venu, ils empruntent le
chemin des plumes pour regagner le rêveur. Ainsi les mauvais rêves sont
détruits pour toujours alors que les bons peuvent revenir autant de fois
qu'ils le souhaitent.
Edward A. Radkte ?
Né en 1962 d’un père américain et d’une
mère japonaise (je ne m’éloigne pas tant que ça de mon
univers ^^), Ed Radtke rencontre, après une enfance difficile, des
problèmes scolaires et sombre dans la petite délinquance. Cela ne
l'empêche pas pour autant d'étudier ensuite le cinéma à
la New York University, obtenant son diplôme en 1985. S'inscrivant clairement
dans la tradition du cinéma indépendant américain, Ed Radtke
fabrique des films low-budget, devant vivre d'expédients et de
débrouille. Pendant six ans, il travaille comme charpentier pour financer
(avec l'aide d'institutions culturelles), écrire, produire et
réaliser son premier long métrage, intitulé Bottom Land (1992)
et primé à Boston, qui évoque la vie de trois
générations de fermiers dans le Midwest. The Dream Catcher est son
deuxième long métrage.
Ce qui l'inspire : "J'ai grandi dans une petite ferme d'une
communauté blanche de la campagne des Etats-Unis. Après avoir connu
la paternité et les couloirs de la justice à dix-huit ans, je me suis
retrouvé à New York pour suivre des études
cinématographiques. Durant mon adolescence, j'étais constamment sur
les routes, plongé dans la réalité des highways
américaines, me déplaçant en auto-stop ou en train marchandise
d'une côte à l'autre. J'étais alors fasciné par
l'immensité des espaces et par toutes ces personnes qui m'accueillaient dans
leur voiture. Un jour, j'ai commencé à annoter des serviettes de
table, consignant des petits événements, puis à utiliser une
caméra vidéo Hi-8. Je me suis mis à observer ces gens qui
avaient la stature de véritables personnages. Et j'ai finalement
commencé à rassembler du matériel pour un scénario. Mes
films ne sont pas autobiographiques, mais il est vrai, toutefois, que certains de
leurs thèmes - l'absence du père ou encore la fratrie - s'inspirent
de mon expérience personnelle."