Quelques couvertures du Hana to Yume plus tard, 3 tomes et l'acquisition des droits par Viz Media aux States, un animé voit le jour... Et comme pour toutes adaptations, se pose alors l'inévitable question "Sert-elle la version papier... ou pas ?"
Eh bien après 5 épisodes, si vous vous demandez
comment saborder le potentiel humoristique d'un manga avec son anime alors Gonzo
et AIC pourraient être d'éminents professeurs.
La recette est simple : faites quelques raccourcis, sautez des
chapitres, modifiez le scénario là où ça n'est pas nécessaire, allongez-le là où
ça l'est encore moins et accentuez ostensiblement le côté agaçant de tous les
personnages.
Tout commençait pourtant bien, le chara design n'était certes pas extraordinaire, mais accompagné d'une bonne publicité (suffisait de voir le nombre de produits dérivés disponibles avant la diffusion), de seiyū relativement prestigieux (certains auront peut être noté la présence de Yuko Goto, doubleuse émérite de Mikuru Asahina et interprète des opening/ending de "La Mélancolie d'Haruhi Suzumiya"), d'un budget honorable, enfin de quelques atouts qui peuvent (a priori) faire d'un manga à succès, un anime... à succès, celui-ci se classait dans le rang des adaptations TV les plus attendues de ce printemps.
Mais déjà que Special A (ou S.A pour faire court) se démarquait plus par ses éléments comiques que par sa grande originalité ; eh bien Gonzo est parvenu en quelques épisodes à souligner la plupart des faiblesses de la version papier et accentuer à l'extrême une ressemblance avec Host Club, déjà palpable dans les premiers chapitres de la série... Vous comprenez pourquoi tout le monde n'adhère pas forcément au départ ?
Quant aux personnages... Hikari qui, par sa persévérance et son manque de clairvoyance, était la cause, dans le manga, d'une bonne partie des rires, est exaspérante ; l'impassible Kei, dont le comportement ambivalent suscitait la sympathie, présente ici peu d'intérêt et même si le trio des inséparables s'avère relativement fidèle à la version originale, était-ce bien nécessaire d'exacerber le côté fanatico-protecteur d'Akira et la désinvolture de Tadashi ?
Ajoutons au (presque) désastre,
une bande son plus que passable : l'opening/ending même après plusieurs écoutes
s'avèrent toujours aussi désagréables ; la pseudo musique mélancolique
accompagnant tous les passages super sérieux donnant le coup de grâce final.
Et
l'humour... Gonzo ayant modifié tous les éléments comiques du manga, cela verse
plus dans la caricature mièvre qu'autre chose donc disons qu'il arrive qu'en 5
épisodes (parfois) on sourit.
Bref, à trop vouloir pomper sur les autres, l'anime s'apparente
plus à une comédie romantique aux faux airs d'Host Club. Ça aurait peut être
pu être meilleur... avec une autre équipe.
Le seul point positif... Un graphisme qui se bonifie au fil des
épisodes.
Et pour ceux et celles qui veulent découvrir S.A légalement, Viz Media, l'éditeur américain a mis en ligne, les premières pages du manga ICI. Pas foncièrement accrocheur au début mais les chapitres suivants (ou le volume 2, ça dépend des gens) sont bien meilleurs.
Edit : Et en ce 1er Juin, MANE annonce l'achat des droits du manga par Tonkam... Le premier tome pour la Japan Expo ? Non, ne rêvons pas. Enfin, si la série marche, on aura peut être droit à des jolis marque-pages gratos à la boutique Tonkam.






