Re-re-motivation suite à mon retour d’Angoulême, histoire
comme le titre de cette note l’indique, d’évoquer de manière assez succincte et
(extrêmement) nombriliste mes quelques impressions sur le festival…
1. Du côté des conférences…La création d’un manga selon Makoto Yukimura... Conférence
très instructive si ce n’est qu’il a peut être trop disserté sur les lignes de
mouvement dans un manga mais il était drôle, sympathique et étonnamment
plutôt ouvert (allez savoir pourquoi, je m’attendais à quelqu’un
d'assez sérieux).
Dommage que les questions de journaleux (aka questions
pompeuses interprétant ce à quoi l’auteur n’a même pas songé) et celles
plus… aptes à satisfaire son ego aient autant fusé, quand on a donné la parole
au public (ce n’est que mon ressenti, ceci écrit).
Impressionnée aussi par la pertinence des remarques de
Jean-David Morvan du peu que j’ai vu de la rencontre franco-japonaise et la
facilité avec laquelle Grégoire Hellot traduisait les propos de Yukimura.
Conférence sur les publications
Ankama aussi très intéressante
(certainement celle que j’ai préférée) qui nous a offert :
- Quelques explications sur le parcours des auteurs invités
(Run, Raf et Florent Maudoux),
- leur vision de la BD franco-belge et les barrières qu’ils
ont pu rencontrer,
- un développement plus poussé sur le label 619 dans lequel
ils publient leurs travaux (respectivement Mutafukaz, Debaser et le truculent Freak’s Squeele)
La facilité avec laquelle les auteurs s’exprimaient y étant
aussi pour beaucoup.
Deux déceptions cependant :
- Rater la conférence sur le métier de scénariste avec Xavier
Dorison. Pas que j’adore cet auteur (j’ai n'ai pas vraiment accroché au Troisième
Testament et à Sanctuaire) mais hormis un rapide feuilletage d’un volume collector
de Thorgal et les remarques de Boulet sur le travail
que lui donne Trondheim, j’aurais aimé savoir à quel point un
scénariste peut influer dans la mise en scène d'un album… Enfin,
comment ça se passe quand plusieurs auteurs s’occupent de la création
d’une BD…
- Manquer la conférence sur l’histoire et l’analyse des shôjos
mangas. C’était "complet".
2. Du côté des projections... Génération Baru… Sympa la première demi-heure (le reportage
revient assez brièvement sur ses travaux). Moins quand on arrive à la séquence
druckerienne "revoyons les lieux de mon enfance"…
L’adaptation du manga
Ikigami est, quant à elle, une vraie
réussite avec des acteurs japonais jouant tous justes (si, si), une bonne
réalisation (je ne suis pas vraiment cinéphile mais je n’ai pas ressenti
l’amateurisme qui prévaut souvent dans les dramas) et surtout très fidèle à
l’œuvre originale (à quelque détails près)…
Evangelion 2.0 (y avait plus de places pour le spectacle
d’Enki Bilal… Fallait aussi payer 40€)… Alors, oui, c’est beau. Oui, les combats
entre Eva m’ont fait passer de bons moments mais les discours pseudo-idéalistes
et la niaiserie de certains passages (type « regarde dans ton cœur, le papillon
qui vole») m’ont laissé un avis très mitigé (les deux acolytes qui m’entouraient
se sont même endormis, c’est dire)… Bref, Evangelion 2.0, c’est mauvais,
mauvais, mauvais.
Divers échos nous ont appris que le Cinémonstre d’Enki Bilal
était trop "expérimental" pour être compris par quelqu’un d’autre que lui
(c’est marrant, c’est souvent ce que je me dis quand j’écoute certains projets
de Mike Patton)... Finalement, je n’ai peut être pas raté grand-chose.
3. Les lieux, les expos…
Celle consacrée à Blutch s’est avérée très sympathique… Plus
le mini reportage de fin que les tableaux d’ailleurs (pris en grande
partie dans son livre d’image «
La Beauté » qui même avec quelques explications me
parait toujours aussi incompréhensible)…
Rajoutons aussi l’
expo en plein air consacrée aux excellentes
Tuniques Bleues
(moins dans les derniers tomes, soit dit en passant) qui revenait sur les thèmes
phares de la BD… Si ce n’était le temps peu accueillant (neige, pluie, froid),
j’y aurais certainement consacré plus de temps
(jeu de mots pourri, désolé).
Coup de projecteur sur "le pavillon Jeunes Talents" avec ses
expositions de planches de… jeunes talents. Angoulême a au moins l’avantage de
laisser la possibilité aux festivaliers de découvrir de nouveaux auteurs et
d’apporter en termes d’expositions et de conférences une certaine variété… Dommage que ce ne
soit pas le cas pour toutes les manifestations… Hein, Japan Expo.
"Le monde des collectionneurs" s’est, de son côté, révélé être
une vraie mine d’or, une sorte de brocante version BD même si j’ai
toujours quelques doutes sur la provenance de certains produits, plus
précisément ceux des (rares) stands mangas…
HK ou
pas ?
Bonne initiative avec "Le pavillon de la sélection
officielle" et ses mini interviews en compagnie des auteurs dont les œuvres ont
été sélectionnées. Dommage que Nkodem ait déserté la sienne… A sa décharge, elle
tombait pendant la cérémonie de remise des prix… accessible sur invitations (en
somme, les auteurs, politiciens et journaleux).
Idem avec "le Manga Building" même s’il fallait descendre quelques marches pour
s’apercevoir qu’il était loin d’être aussi minable que ce qu’il laissait croire…
Et pour finir les dédicaces… Vinland Saga (Makato Yukimura), Lou (Julien Neel), Mon gras
et moi (Gally), Raf (Debaser) & Judith Vanistendael (La jeune fille et le
nègre). Sachant que ce que je n’ai quasiment rien acheté et encore moins fait la
chasse aux dédicaces (bon… sauf pour Lou), c’est pas mal.
.
Conclusion…
J’y retournerai peut être l’an prochain (difficile, pour une
fan, de rater Baru en président du jury) mais je tenterais uniquement jeudi et
vendredi (samedi c’est sur-blindé et dimanche, y a plus grand chose à faire)…
Un conseil à celles et ceux qui voudraient s'y rendre les prochaines années : logez chez l'habitant... C'était le conseil pratique de la note ^^.