Allez, regain de motivation…
Je me suis demandée pendant plus d'un mois de quoi j'allais bien pouvoir parler et puis… j'ai eu une idée ! Mais la procrastination, la flemme, Mr. Bungle (rayez la mention inutile) aidant, la note, comme ce blog, est restée en pause un petit moment.
Bref, me trouvant dans l'impossibilité de traiter des dernières sorties mangasses (essentiellement car je n'ai pas lu grand chose), je vais continuer dans la lancée de ma dernière note avec cette fois une bédé dont le premier tome, sorti il y a 2-3 ans, est loin de faire partie des meilleurs ventes de son éditeur (en gros, c'est un flop).
Revenons quelques années en arrière, à l'époque (fort) lointaine où les éditeurs n'avaient pas besoin de grave se fouler pour voir leurs dernières licences mises en avant. Intéressons-nous à un shôjo sorti chez l'éditeur de la série la plus maintream de ses dernières années. Le manga - Basara qu'il s'appelait – était une série fleuve (27 tomes) qui, malgré des ventes pas franchement concluantes, avait été publiée dans son intégralité. Et pour cause, le graphisme était immonde mais quand on grattait la surface, l'histoire – une jeune fille travestie qui se rebellait contre le régime tyrannique d'un souverain et sa progéniture (rois rouge, blanc, noir, caca d'oie) – le manga se révélait bien plus profond que bien des shôjo (avec, par-dessus le marché, une dose de gnangnan et d'aventures susceptibles de plaire à tous les publics).
Revenons à notre époque, plusieurs milliers de sorties BD plus tard, quelques (excellentes) séries arrêtées, d'autres miraculeusement reprises et reprenons les mêmes recettes, à quelques nuances près (un changement d'éditeur notamment). Le manga s'appelle, cette fois, 7 SEEDS et même si sa publication est bien entamée (18 tomes), la probabilité d'une fin n'est pour le moment pas d'actualité. Le graphisme est lui toujours aussi immonde (bon ok, peut-être moins fouillis, plus épuré... agréable même) et quand on gratte la surface, l'histoire – une sorte de version shôjo de Lost avec tout un tas d'équipes (équipes de l'hiver, de l'été... de la saison des pluies) tentant de survivre dans un monde hostile et dévasté – se révèle bien plus profonde que ce qui est distillé dans bien des shôjo manga (avec, encore une fois, une dose de gnangnan et d'aventures susceptibles de plaire à tous les publics).
Le problème majeur donc, c'est les ventes... Oui, car comme le graphisme est loin d'être aussi attrayant qu'un – au pif - Vampire Knight, que les couvertures ne donnent pas vraiment envie (aurait-on pu les modifier ?) et qu'au regard du succès de la série au Japon (plus de 10 millions d'exemplaires vendus/prix du meilleur shôjo Shôgakukan), l'auteure n'a aucune raison d'en changer, les ventes ne risquent pas d'être spectaculaires.
Alors que bon avec des personnages évoluant dans un monde dévasté, une révision de l'instinct de survie à la sauce Tamura et tout un tas de flashback sur leur ancienne vie… Y'a moyen de mettre en avant les points communs avec la célèbre série (et peut être un peu surestimée) Lost. Les ados à problèmes remplaçant juste le junkie, le geek et le médecin superman (entre autres). Précisons néanmoins que 7 SEEDS est antérieur de deux ans à la série américaine, le scénario emprunte donc plus à Defoe qu'à Hollywood.
Une part importante est ainsi laissée au développement des personnages et même si certains peuvent au premier abord sembler stéréotypés, on sent qu'ils vont être amenés à murir, s'aguerrir, évoluer en somme... quand on les aura tous découvert, du moins. Car, la construction du scénario intègre une variété et un nombre de personnages assez importants. Le résultat c'est qu'au bout de 5 tomes, nous n'avons, pour certains, qu'une vague idée de leur personnalité.
L'auteur semble, de plus, avoir depuis le départ une idée précise du chemin qu'elle souhaite donner à sa série. Pas de longueurs scénaristiques, tout est maitrisé, et si on se demande au début où elle veut en venir, c'est pour mieux être surpris par la suite.
La résultante de tout ça ? Une série qui met du coup du temps à démarrer… ou du moins y-a-t-il un certain potentiel qui n'est pleinement appréciable que… dès le tome 3 (bon, c'est mieux que les 12 tomes que je dois – soit disant – me taper pour comprendre l'intérêt de One Piece mais quand même). Et puis, contrairement à l'héroïne de Basara, qui affichait, dès le départ, les traits d'une femme forte, la passivité (la "nunucherie" même) de la première figure féminine est assez horripilante ; d'autant que ses coéquipiers ne semblent a priori pas meilleurs… Sauf que les relations se "complexifient" et que l'arrivée de nouveaux personnages contribue à accroitre l'intérêt du récit… Rassurez-vous, je suis loin de vous spoiler !
Et puis, on sent que le manga ne s'acheminera vers une morale bisournours "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" : il y aura des morts, des désillusions, des trahisons aussi… à l'instar, encore une fois, de Basara (si vous n'aviez pas compris que le but de cette note était aussi de promouvoir ce manga, je l'affirme officiellement maintenant).
Yumi Tamura offre, en définitive, un récit épique d'une densité peu commune, distillant au compte goutte des révélations intrigantes, mystérieuses... sympas, quoi. Faut juste que plus de gens l'achètent, maintenant... Et pour les y inciter, voici une image dégotée sur le net (extraite, soit dit en passant, de la couverture du tome 4), preuve que malgré ce que j'écris, le graphisme n'est pas totalement à gerber :

(c'est sur la couverture), le dernier manga paru en France de Moyoco Anno (encore elle !). Après s'être fait découvrir, grâce à ses joseis, Pika nous sort l'excellent Hano quelque chose, explicitement appelé Plaire à tout Prix (c'est plus simple). Un titre pas spécialement attirant, mais pourtant bien marrant.




