Sorti fin Novembre 2006 en coffret 3 tomes et issu de la collection Écritures de Casterman, Fleur de Park Kun-woong dépeint un des traumatismes les plus marquants de la Corée du XXe siècle, mémoire d'un pays occupée puis victime de la situation géopolitique résultant de la Seconde Guerre Mondiale...
Première chose qui surprend : le graphisme, une flopée de couleurs qui intrigue et un style similaire à de la peinture sur bois (l'estampe que ça s'appelle)... Un effet de style ? Ou plutôt une manière de graver l'histoire, de ne pas oublier ? Quoiqu'il en soit le rendu est magnifique.
Puis, on lit le premier tome... Muet (ou presque) comme la
preuve implicite d'un pays qui subit... ou d'un homme qui ne veut rien dire ; l'auteur débutant son récit, à
travers le regard désenchanté d'un vieillard emprisonné qui se souvient de son
passé : souvenirs heureux puis tristes et pathétiques.
L'histoire se
poursuit au volume 2 qui même s'il se révèle moins passionnant
possède le mérite de pouvoir enfin mettre des noms à ces personnages frustrés
qui défilent mais trouvant l'espoir dans une nouvelle idéologie. Fini la
soumission, ils réagissent, se battent, "parlent". Ainsi d'une vision qui aurait pu être purement
politique, l'auteur adopte ici un angle singulier et s'attache à développer la
souffrance d'hommes diabolisés qui luttaient pour une Corée unie.
L'occupation, la séparation et la guerre, Fleur s'achève... Et même si
la structure narrative n'est pas s'en rappeler un certain Tombeau
des Lucioles, l'œuvre n'en est pas moins tout aussi émouvante.
Quoiqu'il en soit, les 3 tomes sont, à l'heure actuelle,
toujours disponibles à 19 (pour le volume 2) et 22 € (les 2 autres) ; le
coffret s'élevant à la "modique" somme de 69 € (je dédie cette note à la
bibliothèque de mon quartier) pour 3 pavés d'environ 300 pages couleur, qui au
vu du format (2 à 3 fois plus gros que celui d'une BD classique) et de
l'excellent travail fourni par Casterman valent "malheureusement" très bien leurs
prix.
Un
petit bémol cependant aux préfaces des deux premiers volumes qui sont
certes très bien écrites mais dont on sort avec l'horrible impression
de s'être fait spoiler les 3/4 du volume (ce que je ne fais pas
(beaucoup) malgré les apparences)... Surtout que le mutisme du tome 1
se révèle être un des principaux charmes du début de ce manhwa.
Et petit HS : Contrairement à la fréquence de mes notes, je réactualise assez souvent mon
blog. Si si, en y mettant de la musique, des images, des bouquins etc... Mais mon
Vox étant en grande partie consacré à la BD asiatique en plus du fait que je ne
suis pas toujours motivée pour écrire une note sur chaque truc que j'ai lu
et/ou apprécié, hormis quelques exceptions (genre claque démentielle) ou à
moins que Patton
ou un musicos (presque) aussi talentueux ne collabore avec l'auteur de BECK (très peu de chances que cela
arrive), il est fort probable qu'il en soit toujours ainsi.
D'ailleurs (et c'est
là où je voulais en venir), quelques titres de Peeping
Tom, le projet pop de Patton avec (notamment) un duo
avec la très lascive (!) Norah Jones *suggestion très racoleuse* et du
projet world de Serj
Tankian, Serart...
entre autres, remplissent actuellement les multiples pages de mon vox... Ne vous
privez pas pour les écouter hein "^^.






