À la troisième et dernière conférence du Village Manga au Salon du livre... la
plus "discutée", celle sur les shôjo mangas. Animée par des intervenants
passablement énervants : Carla, la journaliste d'Animeland qui coupait la
parole dès qu'elle en avait l'occasion, un Bruno Pham et une
journaliste (toujours la même) un peu trop "grimaçants" qui parlaient sans cesse
entre eux... Pas très respectueux et quelque peu désagréable pour ceux qui
regardaient.
Il y avait des choses que je savais :
- les frontières floues entre les différentes formes de shôjo qui, comparé à son équivalent masculin, bénéficie d'une séparation moins marquée : il y a une distinction très claire entre Shônen Jump pour jeune garçon, les magazines seinen comme le Young Jump plutôt adulte/adolescent et le Business Jump visant un public bien installé dans la vie active qui n'existe pas forcément dans les mangas pour filles, le lectorat cible du Hana To Yume de Natsuki Takaya étant sensiblement plus jeune que celui du Petit Comics dans lequel prépublie Yuki Yoshihara, alors que leurs mangas appartiennent pourtant à la même catégorie,
- le retard de la BD franco belge à proposer des séries balayant une tranche d'âge plus large.
D'autres que j'ai appris :
- la difficulté à différencier un shôjo d'un josei qui peut en partie venir de l'éditeur nippon, la Kodansha ne procédant pas à une catégorisation en matière de mangas pour filles,
- le travestissement qui peut être interprété comme une forme de féminisme, le premier shôjo n'étant autre que le célèbre Princesse Saphir d'Osamu Tezuka.
Conférence relativement intéressante si ce n'est la mini
polémique amenée par les bons soins de la journaliste d'Animeland (elle
était gentille et disait des choses très pertinentes mais "respect du temps de
parole" semblait être une expression inconnue de son vocabulaire) sur l'âge
adapté à une lecture de Fruits Basket ; le traitement de certains personnages
(Kyo pour ne citer que lui) étant susceptible de choquer les moins de 12 ans
alors que celui-ci est paradoxalement un des premiers shôjo qu'on tendance à
conseiller les libraires, de la boutique aux jolis marque-pages gratos notamment, au moins de 14 ans... Qui
a dit pinaillage ?
Et entre les différentes prises de bec, j'ai quand même retenu
la phrase de Bruno Pham "faudrait arrêter de prendre les enfants pour des cons"
*aime remuer le couteau dans la plaie*. Pas que je le conseillerais au moins de
10 ans mais Fruits Basket étant un manga plein d'humanité dont ma voisine de (presque) 11 ans (et demi) ne tarit pas d'éloges, j'étais relativement d'accord, d'autant qu'on a pas
attendu 12 ans pour se battre, se taper dessus ou exclure délibérément quelqu'un
d'un groupe (je sais, pas très solide comme argument).
Un "tout dépend de la sensibilité, perception etc... de chacun"
a cependant permis de clôturer la discussion appuyé par l'exemple le plus
pertinent qui soit... le dessin animé Candy, dont tous les mecs finissent par
crever et que
la plupart des petites filles trouvaient super mignon mais qui pouvait être
perçu de manière plus négative chez certaines. Les français l'avaient d'ailleurs
bien compris : Ils disaient "Anthony est parti" mais c'est marrant à chaque fois
qu'on évoquait son départ, il y avait plein de crucifix et les images derrière
représentaient des cimetières. *Propos du représentant de Tonkam modifié par mes
soins... et ma mémoire*... Oui, j'avoue qu'il m'a un peu saoulé ce débat.
Et les dédicaces... Étant donné que les auteurs que je voulais voir sont respectivement passés les jours où je ne pouvais pas (Samedi) et où il y avait trop de monde (Dimanche), j'ai manqué Frederik Peeters (Lupus, RG, Pillules Bleues), Art Spiegelman (Maus), Alice Picard (Weëna), Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (Aya de Yopougon). Je me suis néanmoins fait dédicacer mon Raghnarok par Boulet et une carte postale par Benjamin.
Mention spéciale... À Boulet qui semble aussi sympa que son blog (bon j'étais un peu intimidée donc je me suis juste contentée de sourire à toutes les plaisanteries vaguement marrantes qu'il sortait mais il m'a quand même fait une super impression), l'ambiance du stand Asuka/Kaze et son personnel très facile d'accès (je ne voulais rien acheter et je suis repartie avec un coffret Gunslinger Girl, mon portefeuille en a souffert... Ne me traitez pas de pigeons !).
Les news croustillantes, les infos pipoles, les choses dont on se fout...
Akata a acquis Otomen de Kanno Aya, "un mec qui aime les trucs de filles [...] c'est super drôle" - Bruno Pham sur un ton humoristiquement efféminé. Je précise parce que dis comme ça, ça fait peur mais dans le contexte, ça donnait envie et sachant que ce manga fait plus de la moitié des couvertures du Betsuhana de Hakusensha, ça mérite un petit coup d'oeil (oui, je sais, ce n'est pas un argument très pertinent).
Boulet prépare une BD regroupant les meilleures notes de son blog (ça c'était connu) qui pourrait être anecdotiquement intitulée Notes (avec ou sans "s", telle est la question).
Ah oui et Yuu Watase est une chieu... "une personne très fragile qui a besoin de beaucoup d'attention".






