Au salon du livre. Un rendez-vous qu'une francilienne en pleine
crise glandouillère se devait de ne pas rater. Et puis 1. C'était gratos, 2. Je
n'y suis jamais allée, 3. Ma soif de connaissance se résumant dernièrement à
Perez Hilton et le
myspace de
Serj Tankian, je n'avais
aucun motif pour boycotter quoi que ce soit, la polémique sur les auteurs
israéliens mettant un peu passé au dessus.
Donc au programme de la journée : 2 conférences, une dédicace et une
ballade à travers les différents stands des éditeurs BD. Arrivée un peu après
16h pour la première conférence de ma journée... la plus sympa. Celle sur les
blogs BD (il y avait Boulet !), drôle aussi (grâce à Boulet !) et
intéressante grâce aux autres (Cha et pas Sha comme écrit sur la brochure, Stéphane
Beaujean... et Boulet !). Le problème c'est qu'avec ma mémoire de poisson ro...
extrêmement sélective, je n'ai retenu que des choses hautement "essentielles".
Donc histoire de mettre ma (petite) pierre à l'édifice dans le guide du bon
blogueur BD, on va procéder de cette manière :
Ce qu'on croit mais en fait c'est pas vrai :
Blog BD n'est pas synonyme d'augmentation exponentielle des
ventes. Certains projets sont certes susceptibles d'intéresser un éditeur comme
Cha avec les Allumeuses
mais les ventes de leurs séries sont paradoxalement restées sensiblement les
mêmes. Constat plus "affligeant" : le blog de Boulet qui totalise en moyenne
20000 à 35000 visites (visiteurs serait plus logique, je crois) contre 15000
exemplaires de Donjon vendus ; la gratuité, l'accessibilité, les sujets abordés
et la fréquence d'actualisation du média n'étant pas étrangers au phénomène.
Ce qu'il ne faut (absolument) pas faire :
Se pointer avec des carnets à dessins mettant en première page
(en dernière et même au milieu) certaines notes de son blog. Parce que d'une,
c'est agaçant, de deux l'éditeur n'aura pas plus d'estime envers ledit
dessinateur (ça pourrait même être l'effet inverse) et que ça ne va pas
forcément l'aider à juger les capacités de ledit blogueur à pondre une série
intéressante. En résumé : rien à foutre de savoir quelles notes d'un blog sont
les plus plébiscitées par les lecteurs si il n'y a pas de réelles idées
derrière.
Ce qu'ils pardonnent (difficilement mais ils peuvent se montrer
relativement indulgents... enfin façon de parler) :
Les images de leurs blogs sont soumises à des droits
d'auteurs... donc à eux. C'est dur mais pour mettre un extrait ou une note
provenant de Bouletcorp, Ma vie est une bande dessinée etc...
sur un site, un magazine ou un journal quels qu'ils soient et quel qu'en soit le
but, il faut payer.
Ça peut vous faciliter la vie :
Une oeuvre personnelle, une revue à éditer ? Lulu.com propose aux auteurs professionnels
ou amateurs de s'autopublier (ou presque) sans passer par la machine éditoriale
classique.
Et l'avenir... Pourquoi pas une publication de premières
planches d'un album sur le net (les Allumeuses ?) voire tout un
album pour Cha, un truc un peu à la Kanabox avec la possibilité de donner son
avis, si j'ai bien compris.
Ce qui m'a fait marrer :
Blog BD à succès n'est pas égal à
"Ouais ! A moi, la gloire, l'argent... et les filles" ! - Boulet.
Qu'est-ce qui fait le succès de ton blog ? Réponse de
Boulet (un peu modifiée par mes soins... et ma mémoire) : "Je reste persuadé
que les filles savent en allant sur mon blog que je suis extrêmement beau et
intelligent"... Phrase répétée au moins 3 fois au cours de la conférence.
Derniers mots de l'animateur : Et pour répondre à la
question "est-ce que les blogs constituent un moyen pour se faire connaître
?"
Réponse de Cha et Boulet : Non... Enfin, oui, un peu.
Boulet :
Et on a mis une heure pour arriver à cette conclusion.
J'ai bien écrit que je n'avais retenu que des choses hautement
"essentielles" ^^'.
Deuxième conférence... la plus clairsemée. Celle sur les mangas
de bouche avec les Gouttes de Dieu chez Glenat à qui on pourra difficilement
reprocher de ne pas déployer tous les moyens possibles pour que le titre
fonctionne... A commencer par la mise en vente du premier tome, 15 jours avant sa
sortie officielle, et les énormes panneaux stratégiquement disposés à proximité
de la caisse et des XIII de Van Hamme, beaucoup plus imposants que la
soi-disante exposition Nana du village Manga (3 murs, 3 affiches expliquant
vaguement les thèmes et l'histoire du shôjo, une table et deux chaises...
c'était minable). Ils ont même pensé à la gent féminine en mettant au centre le
héros super canon chemise ouverte (ou presque), verre de vin à la main dans une
position pour que toutes personnes digne de ce nom aient envie de l'aider à...
prendre son bain. L'altruisme, le dévouement envers mon prochain, tout ça résume
parfaitement mes principaux traits de caractère ^^'.
La magie des imprévus et de l'organisation ayant fait des
mangas de bouche la seule et unique conférence. Plutôt qu'à un éclaircissement
sur "les genres du Manga" et la "diversité extraordinaire des thèmes :
historiques, futuristes, artistiques, sentimentaux, sportifs, et les Mangas du
métier (notamment l'œnologie, la boulangerie, la médecine, les sapeurs
pompiers...)", on a eu droit au même sujet évoqué de manière plus expéditive car
uniquement centré sur "la sortie des Gouttes de Dieu".
Un peu déçue sur le coup, même si Stéphane Ferraud, le
directeur du département Manga de Glenat s'est montré relativement convaincant.
Et cela en dépit du fait que le professeur invité pour nous éclairer sur l'œnologie ne semblait pas savoir que le public présent était en grande partie
composé de néophytes... je crois (c'est quoi l'amertume en œnologie ?), la
façon dont il feuilletait le bouquin en début de conférence supposant qu'il
n'avait pas (encore) eu l'occasion de le lire... ou peut être était-ce seulement
pour se remémorer certains passages.
Donc, histoire que les 45 minutes passées à écouter cette
conférence me servent à quelque chose (pas été très motivée pour le
quizz)... Les Gouttes de Dieu est un seinen de 15 tomes, toujours en cours prépublié dans le Morning de Kodansha vendu au prix de 8,99 € (quand même).
Véritable phénomène au Japon, la série comptabilise aujourd'hui plusieurs
millions d'exemplaires vendus à son actif.
Ce que j'en ai retenu...
Un côté Slam
Dunk avec un héros profane abhorrant tout ce qui se rapporte de prêt ou de
loin à l'œnologie, un soupçon d'Obata dans le dessin, du Yakitate !! Ja-pan
dans l'humour (l'éditeur évoquait un passage où le héros se rappelait d'un
concert de Queen en gouttant un vin), un peu dans l'intrigue (deux frères, le
gentil qu'on a envie qu'il gagne et le méchant-connard qui se battent pour
l'héritage de leur père), mais qui au vu du magazine de prépublication s'adresse
à un public plus âgé avec une trame très Da Vinci
Code comportant son lot d'intrigues, de machinations et une épopée à travers
le monde.
Plus d'éclaircissements avec le synopsis made in Glenat...
Lorsque Yutaka Kanzaki, oenologue mondialement connu,
décède, le monde du vin est en émoi. En effet, le maître possède l’une des plus
extraordinaires caves dont on puisse rêver. Shimizu Kanzaki, le fils du maître,
lui, n’est en rien un amateur de vin. Employé de brasserie, il fut même plutôt
rebelle à ce père tant obsédé à lui faire découvrir les arômes des vins, qu’il
finit par l’en dégoûter. Tout le contraire de son frère, le sombre Issei, fils
adoptif du maître, qui a suivi une brillante carrière de sommelier. À qui
reviendra la cave de Yutaka Kanzaki ? Le testament du maître est clair : à celui
des deux frères qui résoudra 12 énigmes sur 12 vins, et découvrira quel est ce
13e et mystérieux vin, inconnu de tous, et que le maître surnomma « les gouttes
de dieu ». Une chasse au trésor en forme d’enquête policière va opposer les deux
frères aux caractères et parcours opposés : le talent et la technique de Issei,
contre la sensibilité et l’émotivité de Shimizu.
Sortie officielle le 4 Avril 2008.