Popularisé en France grâce à l'éditeur Xiao Pan puis plus récemment par la collection Hua Shu de Casterman... et de manière plus anecdotique par Toki, le manhua, en offrant un style graphique souvent plus réaliste et, à mon sens, plus hétéroclite que ses voisins coréens pourrait bien plaire aux réfractaires aux BD de ces derniers.
Et outre la publication de leurs créations, les auteurs chinois semblent aussi susciter l'intérêt des plus célèbres scénaristes français, du moins le prolifique Jean David Morvan (Sillage et HK (entre autres)) qui signe avec Wang Peng et Jian Yi les adaptations respectives de deux classiques du pays du milieu (entre autres). Le premier manhuajia qui vient cependant à l'esprit d'un grand nombre de connaisseurs est inévitablement le nom de Benjamin... Pourtant avec près de 4 séries publiées en France, Zhang Xiaoyu peut être considéré comme un des auteurs les plus plébiscités du marché de la BD made in China.Formé à l'École Technique des Arts du Guizhou, sa province natale ; primé par deux fois au concours national de la bande dessinée : en 1999 avec "David" puis avec "L’envol" en 2001, sa première œuvre publiée en France... contrairement à ce qu'en dit Casterman, il est actuellement responsable d’édition pour la revue "FEI" (voler en chinois) spécialisée dans les récits de science-fiction (© Xiao Pan (enfin presque)). Chez lui, pas vraiment de portraits d'une jeunesse chinoise en perte d'identité mais plutôt des histoires où se mêlent, selon le titre, drame, science-fiction et quête de soi... À commencer par le Clown :
Il est souvent de bon ton d'égratigner l'image de ces personnages dans l'art. Quoi de plus tentant que de s'en prendre au symbole du rire par excellence pour servir l'effet comique... ou dramatique. Beiluo n'est ni alcoolique ni totalement désabusé par la vie, clown, acrobate et manchot (!), il sillonne la ville, gagnant sa croûte avec ses spectacles de rue...
C'est en tentant d'assurer le minimum vital à sa subsistance qu'il fait la rencontre de Danpio, un vieux clochard qui vole pour survivre... Enfin, pas tout à fait...
Pessimisme et poésie se mêlent à travers l'histoire de ce clown un peu idéaliste, sa vie de saltimbanque, son douloureux passé et ses personnages qui comme lui se cherchent et (des)espèrent. En fond : une société européenne aux caractéristiques proches du début du XXe siècle, dont le manhuajia se complaît à en montrer les bons côtés... mais surtout les travers et la superficialité.





